L’ordre des choses est un spectacle composé à partir de Pot-Bouille, roman d’Emile Zola. Le roman se passe dans un immeuble haussmannien abritant tout un monde de bourgeois, notables, commerçants, employés et domestiques. Des familles, des voisins, toute une société sur quelques mètres carrés.
Zola y dénonce sur un ton « férocement gai » l’hypocrisie bourgeoise et l’ordre moral étouffant de son époque. Il y peint des relations hommes-femmes régies par un ordre des choses qu’aucun.e ne semble capable ou prêt.e à remettre en cause. Il y révèle des jeux de paraître, une peur du déclassement et un ordre domestique et patriarcal qui aujourd’hui encore pèsent sur nos relations et nos choix.
Ces échos sont les fils de notre travail d’adaptation en cours…

Cette nouvelle création pour la scène sera porté par onze interprètes et composé de passages dialogués du roman, d’extraits de la narration, ainsi que de scènes sans texte dans des instants de théâtre chorégraphiés.

Nous élaborons un calendrier en deux phases : le temps de l’adaptation, grâce à des résidences avec les interprètes (2022-2024) et le temps de création à proprement parler (2025/2026).


INTENTIONS

L’ordre des choses est un spectacle composé à partir de Pot-Bouille, roman d’Emile Zola qui se déroule principalement dans un immeuble du Paris haussmannien, mêlant toute une société sur quelques mètres carrés : des commerçants du rez-de-chaussée aux ouvriers et domestiques sous les toits, en passant par les propriétaires et les familles d’employés.

Avec ce dixième roman de la série des Rougon-Macquart, Zola poursuit son oeuvre de dévoilement des mécanismes sociaux. Ici, du grand vestibule à l’escalier de service, il joue avec la morale et l’interdit, le montré et le caché, le propre et le sale. Il tourne en ridicule les jeux de paraître et les instincts de conquête. Il ausculte les familles et les enferme dans leur peur du déclassement. En somme, il dénonce l’hypocrisie de l’ordre moral bourgeois et la violence des rapports de classes comme des rapports de genre.

Avec cette adaptation, j’entends me servir de la force de dénonciation de ce roman « férocement gai » et sans concession, pour révéler ce qu’il reste en nous du carcan hérité de cette époque, malgré des avancées civiles et sociales majeures. Car si de grandes lois ont permis nombre de « libérations », il est certain que les rapports de domination, quels qu’ils soient, s’inscrivent encore dans un ordre patriarcal légalisé par l’Ordre Napoléonien et imposé à nos imaginaires jusqu’à nos inconscients.

Nos mères ont vécu la libération des années 70 et nos jeunes sœurs sont en train de mener de nouvelles révolutions, avec la même vigueur, le même enthousiasme et la même détermination. Cependant, je ne m’étais pas figuré que les ondes de choc de MeToo rebattraient si profondément les cartes d’un « jeu » qui me semblait encore être dans « l’ordre des choses ».

Comment le patriarcat est-il ancré si intimement dans nos sociétés contemporaines ?
Pourquoi les femmes semblent être à la fois les outils et les victimes de ce manège ?
Pourquoi maintenons-nous des mécanismes qui nous font vivre les uns à côté des autres, mais jamais vraiment ensemble et jamais vraiment librement ?

Nourrie par la lecture de sociologues, de philosophes et historiennes – Michelle Perrot, Eric Maurin, Manon Garcia… et surtout Irène Théry – je décide d’axer notre adaptation sur les figures féminines du roman. D’observer en elles ce que Zola, en homme de son temps, ne pouvait qu’entrevoir. Il les a écrites, nombreuses, complexes et singulières, et nous allons, grâce au travail des comédiennes, les sonder et réhabiliter les points de vue que nous leur imaginons. Elles révèleront alors des mécanismes étouffants encore les femmes et les hommes de notre époque et susciteront, je l’espère, des envies d’émancipation.

Je cherche en quelque sorte à faire « l’archéologie de notre imaginaire », pour faire place en nous à d’autres récits, d’autres désirs et donc d’autres relations. Dans les pas d’Irène Théry, j’aspire à ce que les femmes et les hommes s’engagent en complicité vers « une nouvelle civilité sexuelle » et sociale entre tous et toutes.

L’ironie du titre du spectacle est un appel à contredire les sentences telles que « c’est dans l’ordre des choses ! » et à les balayer d’un rire franc et libérateur tant elles semblent à contretemps d’un mouvement engagé et puissant. Je pense que le théâtre est le lieu où ce rire peut surgir en commun et où la prise de conscience émeut.

Noémie Rosenblatt

saison 2021-2022 > production, préparation et mise en oeuvre du projet

septembre 2022- juin 2024 > résidences d’adaptation :
3-5 octobre 2022 – Théâtre du Nord à Lille
24-29 octobre 2022 – Le Grand R à La Roche-sur-Yon
12-14 décembre 2022 – La Maison du Théâtre et de la Danse à Epinay-sur-Seine
13-17 mars 2023 – La Rose des Vents à Villeneuve d’Ascq
17-21 avril 2023 – Le Grand R à La Roche-sur-Yon
> sortie de résidence le 21 avril
27 nov. – 1 déc. 2023 – MTD à Epinay-sur-Seine
> sortie de résidence le 1er décembre – à la Maison des Auteurs de la SACD
13-17 mai 2024 – Théâtre Gérard Philipe à Saint Denis
> sortie de résidence le 17 mai

2024/2025 > résidences de création / jeu et technique

Novembre 2025 > CRÉATION

Portraits aux nez rouges – Hans Peter Feldmann . Galerie Aboucaya


L’ÉQUIPE

Adaptation et mise en scène : Noémie Rosenblatt
Dramaturgie : Morgane Lory

Régie générale et plateau : Alix Weugue
Scénographie : Angéline Croissant
Création lumières : Claire Gondrexon
Création sons et compositions : Nicolas Perrin
Régie sons : Etienne Graindorge
Costumes : Camille Pénager
Direction de production : Annabelle Couto / Bureau des Filles

Avec : Priscilla Bescond, Catherine Dewitt, Céline Dupuis, Zakariya Gouram, Damien Houssier, Maxime Le Gall, Mexianu Medenou, Elise Noiraud, Mickaël Pelissier, Laure Werckmann (en cours)

 

PRODUCTION

Production : La Compagnie du Rouhault
Coproduction : La Comédie de Béthune, CDN Hauts-de-France . Le Grand R, Scène Nationale de La Roche-sur-Yon . La Rose des Vents, Scène Nationale Lille Métropole Villeneuve d’Ascq (en cours)
Soutien : La Maison du Théâtre et de la Danse à Epinay-sur-Seine . Le Théâtre du Nord, CDN Lille – Tourcoing . Le Théâtre de L’Oiseau-Mouche, Roubaix (en cours)

« On est socialiste à partir du moment où l’on a cessé de dire «  bah c’est l’ordre des choses, il en a toujours été ainsi et nous n’y changerons rien ». A partir du moment où l’on a senti que ce soit disant ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d’égalité, de solidarité qui vit en nous. »

Léon Blum . La voix des nôtres . 20 janvier 1931
un enregistrement radiophonique adressé aux hommes et femmes de l’an 2000